Stonehenge, dont le nom signifie « les pierres suspendues », est un grand monument mégalithique composé d'un ensemble de structures circulaires concentriques, érigé entre -2800 et -1100, du Néolithique à l'âge du bronze. Il est situé à 13 km au nord de Salisbury, et à 4 km à l'ouest d'Amesbury en Angleterre.
La datation et la compréhension des différentes phases de l'activité de Stonehenge ne sont pas une tâche aisée. Des générations d'archéologues se sont succédées sur le site depuis le début du xxe siècle : le professeur Gowland conduisit les premières fouilles scientifiques à partir de 1901 ; puis le colonel William Hawley entreprit des restaurations à partir de 1919, avant d'étudier la plupart des cavités existantes, jusqu'en 1926. La chronologie retenue dans cet article est celle, classique, de l'archéologue Richard J. C. Atkinson, qui a dirigé les dernières fouilles de grande ampleur, à partir de 1950 et durant une trentaine d'années, avec une importante campagne de restaurations, entre 1958 et 1964. On lui doit la division en trois phases I, II et III, aujourd'hui acceptées de tous. Mais les subdivisions, et même parfois la chronologie tout entière, diffèrent notablement d'un auteur moderne à l'autre.
Plan du cromlech central, avec la numérotation officielle des pierres :
La première mention écrite de Stonehenge est celle donnée de manière malheureusement peu explicite par l'historien grec Diodore de Sicile : « Il y a au-delà de la Celtique, dans l'Océan, une île qui n'est pas moins grande que la Sicile. Cette île, située au nord, est habitée par les Hyperboréens, ainsi nommés parce qu'ils vivent au-delà du point d'où souffle Borée. (...) On voit dans cette île une vaste enceinte consacrée à Apollon, ainsi qu'un magnifique temple, de forme ronde, orné de nombreuses offrandes. » On ne voit pas à quel autre ensemble de monuments qu'Avebury et Stonehenge on pourrait identifier une telle description.
Le Moyen Âge voit en Stonehenge une danse des géants ou une œuvre du diable, avant que les « antiquaires » du XVIIe siècle ne lui attribuent une origine plus humaine et, en bons scientifiques, ne commencent à mesurer et dessiner. En 1621, le roiCharles Ier se fit accompagner sur les lieux par son architecte favori Inigo Jones qui exécuta un croquis du monument restitué, où figurent en bonne place les fossés, le cercle de sarsens et les trilithes. En 1626, ce fut au tour de John Aubrey de composer un livre intitulé Templa druidum et de dresser un plan d'une bonne précision.
L'exigence scientifique s'accroît avec les recherches de William Stukeley, ami de Newton, qui, en 1740, publie un livre attribuant Stonehenge au druidisme, opinion encore solidement ancrée dans les croyances populaires britanniques. Malgré des mesures précises et des observations rigoureuses, sa reconstruction géométrique du monument, à la règle et au compas, apparaît aujourd'hui très idéalisée. Un peu plus tard, en 1747, John Wood, le grand architecte de Bath, fait un relevé avec les coordonnées précises des pierres encore en place, mais continue à attribuer Stonehenge aux druides. Le trilithe 58-59 s'écroule le 1er janvier 1797.
Au XIXe siècle, Stonehenge est visité et étudié par de nombreux savants. Le grand égyptologue William Matthew Flinders Petrie, puis l'astronome Norman Lockyer firent des relevés toujours plus précis, assortis d'observations astronomiques auxquelles prit part Arthur Evans, le célèbre restaurateur du palais de Cnossos. Pour clore le siècle, ce fut le pilier 22 qui s'écroula le 31 décembre 1900, entraînant dans sa chute le linteau correspondant.
Les recherches furent menées successivement durant la première moitié du XXe siècle par le professeur Gowland, qui releva le montant 56 du trilithe central, et le colonel Hawley, qui n'hésita pas à décaper la moitié du site, fouillant quantité de cavités, à la recherche d'objets caractéristiques, ce qu'on ne manqua pas de lui reprocher par la suite. Enfin, à partir des années 1950, Richard J. C. Atkinson et ses collègues, les professeurs Pigott et Stone, reprirent les fouilles et rassemblèrent de très nombreuses observations, assorties des premières datations scientifiques au radiocarbone. Pour clore leur campagne, ils remirent en place et consolidèrent, en 1957, les éléments les plus récemment écroulés (piliers et linteaux 57-58 et 22-122), avec les moyens modernes du génie civil.
Selon Timothy Darvill, l'un des archéologues les plus respectés de Grande-Bretagne, le cercle de pierre de Stonehenge n'aurait pas seulement servi à accomplir des rituels : il aurait représenté un lieu miraculeux (une sorte de version préhistorique de Lourdes) où de nombreux malades de l'ancien monde seraient allés se recueillir dans l'espoir d'une guérison miraculeuse. Ce pélerinage vers Stonehenge aurait été inité grâce aux nombreuses sources d'eau alentour, qui auraient des propriétés curatives.
Sources : Monde Inconnu et Wikipédia
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